L’expression de la condition (proposition subordonnée circonstancielle d’hypothèse)

Le français possède trois façons de présenter une séquence conditionnelle (= qui pose une condition) selon le caractère rempli ou non de la condition, dans le présent, le futur ou le passé.

Comparez les exemples suivants :

 ExemplesStructure grammaticale
1(Si j’ai de l’argent), [j’achèterai un cheval](si + ind. présent) , [ind. futur]
2(Si j’avais de l’argent), [j’achèterais un cheval](si + ind. imparfait) , [ind. conditionnel présent]
3(Si j’avais eu de l’argent), [j’aurais acheté un cheval](si + ind. plus-que-parfait) , [ind. cond. passé]

La première proposition (« si… ») est la proposition subordonnée circonstancielle d’hypothèse, la seconde, après la virgule, est la proposition principale de la phrase. L’ordre des deux propositions peut être inversé.

En termes de sens :

  • l’exemple 1 signifie que j’ai effectivement de l’argent et que j’ai l’intention ferme d’acheter un cheval
  • l’exemple 2 signifie qu’au moment où je parle, je n’ai pas d’argent et suis donc dans l’incapacité d’acheter un cheval, nonobstant mon envie.
  • l’exemple 3 signifie que je parle d’un moment passéj’ai voulu acheté un cheval, mais que j’ai dû renoncer à ce projet faute d’argent.

Grammaticalement parlant, chacune de ces trois modalités à un nom particulier :

  1. Éventuel
  2. Irréel du présent
  3. Irréel du passé

Remarques :

Pour ce qui est des temps, il faut bien faire attention au fait que certains d’entre eux ne sont pas employés avec leur sens temporel.

Dans la phrase 2, l’imparfait ne fait pas référence à un moment du passé, mais bien au présent de l’énonciation (= au moment où l’on parle).

Il en va de même pour le conditionnel présent de cette même phrase qui n’exprime pas un futur dans le passé, mais possède ici sa pleine valeur conditionnelle (= condition non remplie).

Dans ces cas, l’imparfait, comme le conditionnel, sont dits « modaux » : « imparfait modal » et « conditionnel modal », pour noter clairement que ce n’est pas leur valeur temporelle qui est en jeu. C’est la même chose dans la phrase 3, le plus-que-parfait est modal, de même que le conditionnel passé.

Exercices

Exercice 1

  1. Délimiter les subordonnées circonstancielles d’hypothèse par des crochets droits […]
  2. Souligner, dans la proposition principale, le verbe dont dépend la subordonnée
  3. Entourer la forme verbale correcte parmi celles proposées
  4. Identifier la modalité de la condition (éventuel, irréel du présent ou irréel du passé)
  • Si tu n’allais / iras / irais pas à la bibliothèque tout de suite, nous pourrions jouer aux échecs.
  • Tu ne récolteras rien, si tu n’as / avais / auras / aurais rien semé.
  • Si j’ai / avais / aurai / aurais pelleté la neige de l’escalier, le facteur ne serait pas tombé.
  • Nous louerons une auto si les voyages en autobus te fatiguent / fatiguaient / fatigueront / fatigueraient.
  • Nous prendrons le sentier qui longe la falaise si tu n’as / avais / auras / aurais pas le vertige.
  • Il se mettra à bafouiller si vous lui posez / posiez / poserez / poseriez trop de questions.
  • Si tu achetais / achèteras / achèterais le journal et que tu le lisais / liras / lirais, tu verrais qu’on parle souvent de moi.

Exercice 2

  1. Délimiter les subordonnées circonstancielles d’hypothèse par des crochets droits […]
  2. Souligner, dans la proposition principale, le verbe dont dépend la subordonnée
  3. Conjuguer le verbe entre parenthèses au temps approprié
  • Si les poules (avoir) ……………………………………………… des dents, les œufs se vendraient plus chers.
  • Je lui achèterai des raisins si j’en (trouver) ……………………………………………… .
  • Si tu (ne pas faire) ……………………………………………… tout ce tapage, je n’aurais pas de problème avec mes voisins.
  • Si elle me (téléphoner) ………………………………………………, tu lui diras que je suis parti.
  • Si elle (pouvoir) ……………………………………………… dessiner toute la journée, elle le ferait.
  • Il s’ennuierait moins si on lui (acheter) ……………………………………………… une télé.
  • Si tu (pelleter) ……………………………………………… la neige à ce rythme, nous ne sommes pas près de pouvoir passer.
  • Il a dit qu’il viendrait avec nous si nous lui (payer) ……………………………………………… son voyage.
  • J’aurai une proposition intéressante à te faire si tu (vouloir) ……………………………………………… toujours travailler.

Français – Méthodes

Voici les méthodes pour les trois principaux exercices auxquels vous pouvez être soumis lors des épreuves de cette année : à l’écrit, le commentaire composé & la dissertation, et à l’oral, l’explication linéaire.

Pour les méthodes, il y a sur internet de très bonnes vidéos qui peuvent vous aider à mieux comprendre, pas à pas, comment défricher un sujet de dissertation ou lire un texte en vue d’un commentaire composé, n’hésitez pas à les regarder et à essayer, sur les sujets que je vous soumets en bas de cette page, de les mettre en œuvre.

Il est bien évident que nous reviendrons sur chacun de ces exercices au fil de l’année, durant nos séances de cours.

Le commentaire linéaire (oral du bac)

Ce que n’est pas le commentaire linéaire

  • une suite de remarques faites au fil du texte (relevé de figures de style, de points de grammaire, de remarques de vocabulaire) ;
  • une succession de remarques sur la vie de l’auteur, le mouvement artistique dans lequel s’inscrit l’œuvre/le passage étudié(e) ;
  • une traduction du texte (ce serait une paraphrase aussi inutile qu’ennuyeuse).

Ce qu’est le commentaire linéaire

  • Un ensemble de remarques organisées selon la progression du texte ;
  • Ces remarques permettent d’apporter une réponse à la question posée en problématique et qui permet de faire le lien entre le passage étudié (ou le poème étudié) et l’ensemble de l’œuvre et/ou son contexte d’écriture ;
  • Ces remarques suivent l’ordre du texte (d’où le nom d’explication linéaire).

Comment procéder ?

1) S’assurer de la compréhension littérale du texte

2) Trouver la progression du texte – Quelles sont les différentes parties du texte, ses sous-parties :

  • Regarder la structure matérielle du texte : strophes, paragraphes ;
  • Chercher les liens logiques et/ou temporels (conjonctions de coordination, adverbes de temps) ;
  • Chercher s’il y a des changements de rythme (différence dans la longueur des vers, des phrases, par exemple).

3) Analyser l’écriture au service du sens

  • Chaque remarque doit être reliée au sens général du texte et à la problématique en particulier ;
  • Alternez les remarques relatives au vocabulaire, à la grammaire, au style, les remarques générales et celles de détail ;
  • Indiquez les éléments qui ont un écho ailleurs dans le texte ou dans l’œuvre intégrale.