Propositions d’organisation du temps de travail pour une épreuve en temps limité (110 minutes et 4h)

Vous trouverez ci-après deux propositions de répartition de votre temps pour un travail sur table de 2h et 4h.

Devoir sur table de 2h (110 minutes au lycée)

Un travail en temps limité est une double épreuve : une épreuve évidemment intellectuelle (et parfois physique) mais aussi une épreuve contre le temps. Il faut, pour espérer réussir à boucler le travail à faire dans le temps imparti, savoir quoi faire à quel moment dans ce temps extrêmement contraint.

Cela suppose, évidemment que l’élève ait à sa disposition, sous son nez, une montre [non connectée évidemment !] ; le surveillant de salle n’a pas vocation à se transformer en horloge parlante !

Voici une sorte de « chemin de fer » qui vous donne quelques indications quant à la façon d’organiser ce temps.

Travail à faireTemps consacré
Deux premières lectures du texte pour le découvrir (1) et s’assurer de l’avoir compris (2)10 minutes
Lecture de la problématique et des points à étudier
Analyse des questions = s’assurer que vous avez pris en considération tous les mots (même/surtout les adjectifs !)
10 minutes
Relecture du texte pour commencer à faire le lien entre le texte et les questions posées5 minutes
Repérages dans le texte :
– Des éléments lexicaux pertinents à l’étude
– Des éléments grammaticaux pertinents à l’étude
– Des éléments stylistiques pertinents à l’étude
– De l’atmosphère générale et des registres littéraires
Établissement du plan de chacune des parties (sans rédiger !)
30 minutes
Rédaction au brouillon de l’introduction (présentation du texte, problématique, annonce du plan) et de la conclusion (réponse à la problématique et rappel des conclusions partielles)10 minutes
Rédaction au propre :
– de l’introduction ;  
– deux parties ;
– de la conclusion

3 minutes
2 x 20 minutes
2 minutes
Dès que possible, en cours d’écriture (à la fin de chaque partie), relire le travail en vérifiant :
– accords sujets/verbes
– accords adjectifs/noms
– homophones (à/a ; c’est/s’est ; se/ce ; -er/-é)
– …
Le plus rapidement et efficacement possible

Devoir sur table de 4h

Voici un document que vous pouvez télécharger et qui vous propose un mode de répartition de votre temps de travail pour un devoir en 4h (pour une commentaire composé ou une dissertation).

Comprendre sa note en français

Voici un document qui vous permettra de mieux comprendre la note que vous obtenez lors des évaluations en classe de 2nde ou de 1ère en français, quand vous devez réfléchir et composer sur des textes ou des sujets de dissertation.

Les valeurs sont données à titre indicatif et l’amplitude à l’intérieur de la « fourchette » varie en fonction de la qualité d’expression et de la pertinence du propos. Il est évident que de trop nombreuses fautes, qu’elles soient de grammaire ou d’orthographe, ruinent tout propos, fût-il brillantissime !

NoteCommentaires et conseils
0,5-4/20Travail hors-sujet
La question et/ou le texte a/ont été mal lu(e/s) et votre travail ne correspond pas du tout à ce qui est attendu.
Pour progresser :
–                Apprendre systématiquement les leçons (registres littéraires, valeurs des temps, figures de style…) et reprendre ce qui a été fait au collège (grammaire, orthographe, conjugaison).
–                Lire plusieurs fois le texte (3 ou 4 fois) pour être capable de voir le lien qu’il y a entre chaque idée et chaque élément qui le composent.
–                Lire plusieurs fois et dans leur ensemble les questions pour comprendre la logique du questionnement.
–                En dissertation (lycée), lire la question attentivement, s’assurer d’avoir compris tous les mots du sujet et de bien comprendre la relation qu’il y a entre les différentes notions.
En commentaire de texte, bien établir le lien entre le texte et les registres littéraires. À la maison, le travail avec dictionnaire est indispensable pour s’assurer d’une parfaite compréhension du texte et des questions.
5-8/20Travail trop superficiel
Le texte est globalement compris mais les réponses restent trop évasives, manquent de précision. Le travail a peu (pas du tout) de structure : répétition d’idées, sauts du coq à l’âne sans transitions). Aucun ou trop peu d’exemples viennent étayer l’argumentation.
Pour progresser :
–                Travailler plus longtemps au brouillon. Établir un plan de travail précis et cohérent. Les idées doivent s’enchaîner logiquement et sans redites.
–                Toujours associer, dans vos arguments, le fond et la forme. Un travail exclusif sur le fond aboutira toujours à une paraphrase plus ou moins heureuse, un travail exclusif sur la forme n’a aucun intérêt parce qu’il ne permet pas de mettre le texte en valeur et se résume en général à une liste de remarques (« il y a… », « on trouve… »).
–                Chacun de vos arguments doit être assorti d’un exemple précisément détaillé (citation commentée en lien avec l’argument en commentaire composé ; exemple littéraire/cinématographique précis et commenté dans la dissertation).
–                Utilisez, en plus de vos connaissances personnelles, les textes étudiés durant votre scolarité comme exemples dans la dissertation.
Ne pensez pas que votre lecteur/correcteur sait ce que vous avez en tête, il/elle ne le sait pas !
9-12/20Travail correct
Votre travail est honorable mais vous êtes resté(e) à la surface des choses sans approfondir vos arguments ni suffisamment expliquer les exemples que vous avancez.
Pour progresser :
–                Essayer systématiquement de pousser votre réflexion un cran plus loin (posez-vous pour chaque argument la question « et alors ? Qu’est-ce que ce que je viens de dire apporte à la compréhension du texte »).
–                Approfondir le lien entre le fond et la forme dans le texte que vous étudiez.
Analyser les faits grammaticaux, stylistiques, rythmiques du texte en plus de la simple analyse lexicale (les mots sont importants, mais les tournures peu habituelles, les figures de style, les singularités du texte le sont aussi et il ne faut pas les négliger).
13-16/20Travail tout à fait honnête
Vous avez répondu aux attentes « scolaires » de l’exercice et avez rempli votre part du contrat.
Pour progresser :
–                Travailler votre style : écriture plus dense (plus d’idées moins de mots).
–                Soyez d’une rigueur martiale tout en restant plaisant à lire
–                N’hésitez pas à employer un vocabulaire plus recherché, techniquement plus précis (cela aidera à densifier votre écrit).
Oser briller ! Montrez que vous savez des choses et que vous êtes capables de mobiliser toutes vos connaissances à bon escient.
<17/20Excellent travail
En plus de répondre à la question posée, vous montrez que vous maîtrisez parfaitement la langue et le vocabulaire technique et faites preuve d’une bonne culture générale.
Pour progresser :
A ce niveau vous savez ce qu’il vous reste à faire pour progresser et vous commencez à savoir que vous ne savez rien !

Méthode : Introduction et conclusion

Que ce soit à l’écrit ou à l’oral, les phases d’introduction et de conclusions sont déterminantes et doivent, à ce titre, faire l’objet d’une attention toute particulière. En effet, ce sont la première et la dernière choses que votre correcteur/lecteur lira de vous et vous devez faire bonne impression en commençant votre travail et le terminer sur une note positive aussi.

Introduction :

L’introduction est le lieu de la rencontre entre vous et votre correcteur/lecteur ; il s’agit de la soigner, comme vous soigneriez une première rencontre avec une personne physique. Cette rencontre doit donner envie à votre lecteur d’aller plus loin dans la lecture de votre travail. Pour cela elle doit présenter le sujet aussi clairement que possible en évitant à tout prix les considérations généralisantes (fausses de surcroît) qui ne permettent pas de rentrer immédiatement dans le sujet. Les amorces du genre « de tous temps les hommes ont… » est à bannir absolument, rien ne saurait être plus faux (à moins que vous ne puissiez prouver que vous avez étudié l’ensemble des sociétés humaines sous toutes les latitudes de la planète depuis l’apparition de l’humanité – je doute que l’entreprise soit même envisageable).

L’introduction est composée obligatoirement de trois éléments qui ne forment qu’un seul et unique paragraphe.

Le premier élément diffère un peu selon que vous devez conduire un commentaire de texte (1a) ou une dissertation (1b), les autres (2 et 3) sont les mêmes pour les deux exercices.

1a) Dans le cadre d’un commentaire de texte, il faut en premier lieu présenter le texte : par qui et quand a-t-il été écrit (« Ce poème est extrait de …, écrit par… en …« ). Si vous décidez de donner des détails biographiques sur l’auteur, ne mentionnez que les éléments qui apportent un éclairage sur le texte que vous allez étudier. Il est par exemple inutile de mentionner la mort de Léopoldine Hugo (la fille de Victor Hugo) pour commenter un texte des Châtiments qui est entièrement centré sur son opposition à Napoléon III et de même il est inutile de mentionner Napoléon III pour commenter un texte des Contemplations qui sont consacrées au travail de deuil de V. H. suite à la mort de sa fille. Vous devez aussi proposer un rapide résumé du texte qui met en évidence votre compréhension du texte et en fait ressortir les éléments saillants que vous allez commenter dans votre travail.

1b) Dans le cadre d’une dissertation, on attend que vous analysiez les mots du sujet : quels sont les différents sens des termes du sujet et quelles questions se posent suite à leur association dans le libellé du sujet.

2) Problématique : la problématique est la question à laquelle votre travail va tâcher de répondre. Le texte, si vous avez un texte à commenter, est une énigme que vous devez tenter de résoudre. Ce que vous devez trouver est ce qui fait la spécificité, la singularité de ce texte précis. Il faut être capable de voir à quel(s) mouvement(s) littéraire(s) il se rattache et comment l’auteur traite ce(s) mouvement(s) de façon unique (pas comme ses contemporains et pas comme dans les autres textes de ce même auteur).

3) Annonce du plan. Cette annonce doit permettre, en deux ou trois étapes, d’apporter une réponse à la question posée. Ces parties doivent se suivre logiquement et aller des éléments les plus simples pour aller vers les plus complexes. L’annonce du plan doit être la plus claire possible. Vous pouvez opter pour la présentation suivante « dans un premier temps nous verrons que… , puis dans un deuxième temps… et enfin dans un troisième temps…« . Ne craignez pas d’être « lourds » dans votre annonce, cela aidera le lecteur à suivre votre raisonnement. Il n’est pas nécessaire d’annoncer les sous-partie dans l’annonce du plan, tenez-vous en aux titres des parties.

Au sujet de la phrase d’amorce : cette phrase est extrêmement complexe à trouver et à rédiger. En temps limité vous n’avez pas de temps à perdre à en chercher une. Si vous avez un éclair de génie (rare !) faites, mais sinon abstenez-vous et passez directement à l’analyse du sujet. Mieux vaux une entrée en matière un peu sèche et directe qu’une mauvaise entrée en matière !

Conclusion :

La conclusion est aussi importante que l’introduction en ce sens que c’est la dernière chose que votre lecteur gardera en mémoire. Elle se doit donc aussi d’être la plus claire et simple possible. Elle se compose de deux éléments dont seul le premier est indispensable. Comme l’introduction, elle est composé en un seul et unique paragraphe.

1) Réponse claire, précise et sans ambiguïté à la problématique. Votre problématique était une question, répondez-y simplement en rappelant les différentes conclusions de chacune de vos parties : « Au terme de cette étude nous avons montré que… parce que [I], [II] et [III] » (« [I], [II] et [III] » étant les conclusions de chaque partie). Ce récapitulatif permet à votre lecteur, sans avoir à relire votre travail, de se remémorer les étapes de votre réflexion. Attention, il est hors de question d’ajouter de nouveaux éléments à la réflexion à ce stade du travail : n’évoquez que des choses que vous avez dites clairement précédemment.

2) Une ouverture éventuellement. Il s’agit là de montrer, si vous le pouvez/savez, comment ce texte, dans le cadre d’un commentaire, s’inscrit dans un ensemble plus vaste (le recueil, le roman dont le texte est extrait, par exemple ou, pour une dissertation, dans quelle mesure ce que vous avez démontré peut s’entendre pour d’autres formes artistiques. Mais, cette étape n’est pas exigible à votre niveau et il vaut mieux laisser votre lecteur sur une impression positive avec une réponse claire à la problématique, que de faire du zèle et proposer une ouverture qui ruinera tous vos efforts.